Wi-Fi Starlink chez Royal Air Maroc : 41 avions dès 2027, et pourquoi ça a pris 12 ans

41 avions connectés dès début 2027, gratuit pour les membres Safar Flyer. Ce qui change, et pourquoi le Wi-Fi promis en 2014 arrive seulement maintenant.

Coucher de soleil vu depuis le hublot d'un avion, un smartphone à la main

Vous avez déjà fait un long-courrier sans pouvoir envoyer un seul message ? Sur Royal Air Maroc, c'est encore le cas aujourd'hui. Mais ça va changer.

Le 7 octobre 2026, la RAM a annoncé l'arrivée du Wi-Fi Starlink à bord de ses avions. On vous explique ce qui change, quand, pour qui. Et surtout pourquoi il a fallu attendre aussi longtemps.

Ce qui a été annoncé

41 avions vont être équipés de Starlink, le service internet par satellite de SpaceX. La flotte compte environ 70 appareils : plus de la moitié sera donc connectée.

Les installations commencent début 2027. Pas tout d'un coup : la compagnie parle d'une montée en puissance progressive, pour ne pas perturber les vols. Donc pas de Wi-Fi sur tous les vols dès janvier.

Le point qui intéresse tout le monde : c'est gratuit pour les membres de Safar Flyer, le programme de fidélité de la RAM. Pour les autres passagers, aucun prix n'a été annoncé pour l'instant.

La RAM se présente comme la première compagnie africaine à proposer Starlink à bord. Petite précision quand même : Ethiopian Airlines propose déjà du Wi-Fi en vol, mais avec un autre système satellite.

Et aujourd'hui, à bord ?

Cabine d'avion avec des écrans de divertissement au dos des sièges

Pas d'internet. Vous avez des films et de la musique via le réseau interne de l'avion, mais pas de vraie connexion. Pas de WhatsApp, pas d'e-mails, pas de réseaux sociaux. Pour un vol de quelques heures, ça passe. Pour un long-courrier, c'est long.

Le Wi-Fi avait déjà été promis… en 2014

C'est le détail qui fait sourire. En avril 2014, Driss Benhima, alors PDG de la RAM, déclarait au site Financial Afrik :

« D'ici la fin de l'année, nous aurons du wifi à bord. »

Douze ans plus tard, toujours rien. Alors, que s'est-il passé ?

Pourquoi ça a pris autant de temps ?

Soyons honnêtes : la RAM n'a jamais expliqué publiquement pourquoi la promesse de 2014 n'a pas été tenue. Mais quand on remonte le fil, trois éléments ressortent.

1. La crise du Covid

En 2020, la compagnie traverse la pire crise de son histoire. L'État annonce une aide d'environ 6 milliards de dirhams, sous condition d'un plan de restructuration. Environ 900 contrats de salariés sont rompus. Un tiers de la flotte est mis en vente ou en location.

Quand une compagnie se bat pour survivre, le Wi-Fi à bord passe forcément après.

2. Une négociation serrée avec Starlink

Selon Africa Intelligence, repris par Morocco World News, la RAM a jugé la première offre de Starlink trop chère. Starlink justifiait son prix par des coûts d'exploitation élevés et des contraintes techniques propres à la demande marocaine. Le contrat n'a finalement été conclu que le 4 août 2026.

3. Starlink n'est toujours pas autorisé pour le grand public au Maroc

Starlink a créé une filiale à Casablanca début 2025, mais n'a toujours pas de licence commerciale pour vendre ses abonnements aux particuliers. Selon la même source, la DGSSI, l'autorité chargée de la sécurité des systèmes d'information, a émis des réserves liées aux données. Le contrat avec la RAM, lui, est un accord à part, propre à l'aviation. On ne sait pas si ce dossier a pesé sur le calendrier de la compagnie.

Et la suite ?

La RAM est en pleine remise à niveau. Le contrat-programme signé avec l'État le 11 juillet 2023 prévoit de passer de 50 à 200 avions d'ici 2037. Avec 41 appareils connectés dès 2027, la compagnie commence enfin à rattraper son retard sur le Wi-Fi.

Il reste deux questions importantes : le prix pour ceux qui ne sont pas membres de Safar Flyer, et la qualité réelle de la connexion en vol. On vous tient au courant dès qu'on en sait plus.

Et vous, vous paieriez pour avoir du Wi-Fi en vol ?

Sources

Le Desk · FlightGlobal · One Mile at a Time · Financial Afrik (2014) · Morocco World News · Le Brief · Air Journal · Le Matin

Photos d'illustration : Unsplash.

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